« Les Lip, l’imagination au pouvoir » – un tournant

via Les Lip, l’imagination au pouvoir — Wikipédia

Points de repère

Le film s’articule autour de l’histoire d’une usine horlogère de la ville de Besançon, Lip. Un petit atelier fondé par Emmanuel Lipmann existait dès les années 1800, comme le prouve l’offre d’une montre chronomètre à Napoléon Ier en 1807. Mais il faudra attendre 1867 pour que le petit-fils d’Emmanuel, Ernest Lipmann, ouvre un véritable atelier de production de montres dans la cité. La marque apparaît officiellement sous le nom Lip en 1896, et petit à petit l’entreprise familiale devient une véritable entreprise industrielle. C’est en 1931 que sera constituée la société Lip SA, qui embauche à l’époque 350 salariés ; puis en 1960, la nouvelle usine Lip ouvre ses portes dans le quartier de Palente et emploie plus de 1 000 personnes. C’est à partir de cette décennie que des conflits vont apparaître, notamment à cause de la baisse de salaires des ouvriers mais aussi et surtout en raison des nombreuses suppressions de postes qui étaient envisagées à cette période. Un bras de fer va alors commencer entre les ouvriers grévistes d’un côté, largement soutenus par l’opinion publique, et le patronat de Lip ainsi que le Gouvernement.

 

Synopsis

Le film raconte à travers les témoignages d’anciens ouvriers l’organisation de la lutte des Lip contre les suppressions de poste d’avril 1973 au printemps 1974. Le film s’est voulu plus qu’un simple documentaire, en intégrant volontairement des aspects historiques et aussi politiques : une remontée aux origines de la crise de l’emploi en Occident, et un éloge de la révolte ayant pour cadre l’année 1973, marquant la rupture entre les Trente Glorieuses et le début de ce que Charles Piaget appelle « les années de honte », celles du chômage de masse. On retrouve des grandes figures du combat tels que les responsables CFDT (Charles Piaget, Roland Vittot, Raymond Burgy, Michel Jeanningros, Fatima Demougeot, Jeannine Pierre-Émile), le fondateur du comité d’action (Jean Raguénèsprêtre-ouvrier dominicain d’extrême gauche), et la déléguée CGT (Noëlle Dartevelle), le repreneur de l’usine Lip Claude Neuschwander et même Jean Charbonnel ministre de l’Industrie de l’époque. Alternant avec les entretiens des principaux protagonistes, le film insère des images d’archives de l’époque. Le documentaire met l’accent sur l’action plus que l’émotion, interrogeant des héros et non de simples témoins3 ; le tout est conjugué au présent3. Les séquences s’interrompent avant que tout soit dit, ce qui montre une volonté réussie de créer une note de suspense.

Les ouvriers en lutte font preuve d’une grande imagination, afin de pouvoir s’en sortir financièrement, marquer le coup mais aussi dédramatiser le combat lorsqu’il pèse un peu trop lourd sur la vie des salariés grévistes. On voit des actions originales et très efficaces : en plus de l’occupation de l’usine, les ouvriers ont recours à des interventions relevant d’une utopie collective, radicale, démocratique, autogestionnaire, comme lorsque les grévistes déménagent le stock de montres et le cachent, reprennent leurs activités ouvrières à leur propre compte et procèdent à la vente sauvage de montres, avec un slogan retentissant : « C’est possible ! On fabrique, on vend, on se paie ! » Avec les principaux syndicats comme la CFDT et la CGT, la bataille s’organise autour d’un syndicalisme ouvert nourri de catholicisme social -et d’un radicalisme libertaire directement issu de Mai 68. Le film présente non seulement le mouvement de sympathie des Bisontins mais aussi celui de personnes du monde entier, qui culmine notamment en septembre 1973 par une manifestation de plus de 100 000 personnes dans les rues de la capitale comtoise (qui compte à cette époque environ 120 000 habitants) suscitant en retour la haine féroce d’une grande partie de la classe dirigeante.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :