Ne pas glisser vers un état I-Psychotique

Les chocs émotionnels suite aux attentats et massacres, l’identification aux victimes et aux situations (se promener, faire des courses, se réunir…), le sentiment d’être ciblé par une menace qui peut surgir de n’importe où n’importe quand, peuvent pousser notre système nerveux à passer en alerte permanente.

Instinctivement, nous produisons plus d’adrénaline, hormone qui prépare à la fuite ou à l’attaque en cas de danger, ce réflexe est le fruit de longs combats pour la survie de l’espèce. Ces changements biologiques préparent à une action puissante et radicale pour « sauver sa peau » ou celle du clan dont notre peau dépend. Le corps crispé se tend vers l’action comme si un tigre allait surgir au coin de la rue.

Certaines personnes peuvent ainsi glisser vers une paranoïa. Tout pousse, leur système nerveux comme leurs croyances, la réalité comme les fantasmes, à passer à l’action, à la décharge. L’angoisse liée à la paranoïa ne supporte pas la complexité, il faut identifier la menace et l’éliminer, c’est une question de survie physique et psychique. Cette angoisse a besoin de certitudes : qui est qui et où, sans recul sur les liens entre les maux multiples de ce monde. La logique devient binaire : je suis le bien, l’autre est le mal. Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi. Les solutions doivent être lapidaires et totales. Le risque d’une vision simpliste de la réalité où observations, croyances et fantasmes entrent en confusion est immense. Nous avons vu en 2002 le duo Bush – Ben Laden, et le grand discours sur « L’axe du mal ». Leurs systèmes semblaient se faire face, projetant l’un sur l’autre leur mal et renforçant mutuellement leurs puissantes énergies. Les fixations paranoïaques sont coriaces, inflexibles, le but est de « cibler et détruire » pour avoir la paix.

Cette vision binaire est dangereuse car elle crée autant de réalité qu’elle n’en constate.

ardoise bleu – Version 2

NOVEMBRE 2015, UN TOURNANT

Depuis novembre 2015, la situation est épineuse, de nombreuses haines se déchainent. Le fait que les « soldats » de Daesh s’attaquent à tout le monde, chrétiens, athées, musulmans… en plusieurs pays brouille d’anciennes représentations ou habitudes de perception. À part « eux », à leurs yeux, nous sommes tous mécréants, ou apostats. Ce constat stupéfiant génère également des prises de conscience, interroge nos liens et nos méconnaissances. Des non musulmans s’intéressent à l’Islam pour mieux comprendre ce qu’il se passe, tandis que des chercheurs musulmans invitent à une réforme dans la manière de croire. Et globalement, il s’agit de remettre à plat nos sociétés. Nous sentant consternés et concernés, de nouveaux dialogues ont lieu.

Après les attentats de Paris, quatre autres événements ont sollicité nos esprits : le texte d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine », écrit après le décès de sa femme au Bataclan, a diffusé une leçon de sagesse et de lucidité ; Les manifestations pour la COP21 ont rappelé l’urgence écologique, et posé la question : que signifie « radicalisation » ? Aller à la racine… des problèmes, vouloir couper la tête de l’Hydre de l’Herne ; Les deux films « Merci Patron » et « Demain » ont ouvert la voie à l’état d’esprit de Nuit Debout, en nous rappelant que l’étymologie du mot société est « être compagnon, allié » et à la diffusion d’une amphétamine sociale, inspirant de nombreuses initiatives. Partout dans le monde des solutions existent, énergie, alimentation, écologie, argent, éducation, santé… Sur les places publiques réinvesties, le désir et le dialogue, penser, inventer et faire ensemble, reprendre en main notre destinée.

Ces quatre lignes de forces, de mentalité et de désir, chemineront, elles témoignent d’un nouveau récit, récit du désir de vivre des vies qui ont du sens, récit des relations, nouveau récit national et au-delà.

 

DANS LES ANNÉES À VENIR

Ces dynamiques vont se croiser. Nous devons accepter que d’autres attentats puissent avoir lieu. Certains d’entre nous partiront. C’est ainsi, être vigilant et lucide, réfléchir et agir, sans angoisser. Cela nous invite à une sagesse, celle d’accueillir l’éventualité de la mort, de notre propre mort et d’en faire une leçon de vie. Imaginer celle d’un être aimé est parfois plus difficile. La mort n’est pas une nouveauté, mais bien souvent un impensé, une angoisse sourde mise à distance.

Les solutions prendront des années, elles sont reliées, éducatives, économiques, sociales, politiques, écologiques, locales, mondiales, religieuses, spirituelles…

 

Le soir, nous pouvons éliminer le stress ou nos angoisses en faisant de la relaxation, du yoga, de la sophrologie, en détendant nos muscles, en étirant notre colonne vertébrale. En inspirant nos joies et en expirant nos peines. Notre esprit nous remerciera, plus clair, lucide, actif, créatif, confiant, réaliste.

Dans les écoles, les enfants pourraient également en bénéficier, de nombreuses études ont prouvé qu’ils y gagnaient en calme, en apprentissages plus aisés et en relations plus sereines.

Sandrine Delrieu / 30 juillet 2016

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