Constats de l’air du temps et chemin intérieur / extérieur

L’humanité semble traverser une période charnière en terme de civilisation qui invite à une métamorphose de notre manière de ressentir, de penser et d’agir sur un plan individuel et collectif.

Nous avons surdéveloppé les conquêtes du monde extérieur, la domination de l’environnement, la compétition sociale, les prothèses technologiques (pour ceux qui peuvent les acheter), les guerres pour installer des monopoles et les algorithmes pour cerner et orienter les comportements humains… en multipliant les croyances nécessaires à justifier cette mentalité. Malgré les nombreux progrès, nous touchons aujourd’hui une limite, celle de l’auto-destruction ou du retour de nombreux fascismes. Que nous manque-t-il pour devenir pleinement humains ?

Nous avons sousdéveloppé la conscience du monde intérieur, la valorisation de la connaissance de soi et du travail personnel permettant de transformer l’inconscient et ses automatismes pulsionnels. L’accumulation des blessures (transgénérationnelles et personnelles) a fait de notre inconscient individuel et collectif une véritable poudrière tandis que la société de consommation sursollicite les comportements infantiles (prendre, se servir, incapacité à amortir des frustrations socialisantes, narcissisme du moi tout puissant, etc…) et qu’une organisation de monopoles échappent au décisions citoyennes et que de nombreux « grands discours » masquent bien souvent l’ambition narcissique qui les sous-tend, et les nombreuses incohérences quotidiennes entre ce qui est dit et ce qui est fait.

Pour passer de nos sociétés de l’information et de la consommation (pour ceux qui peuvent « consommer ») à une civilisation de la connaissance et du bien-vivre, du bruit des existences parfois chaotiques à une conception plus douce du sens de la vie dans laquelle chacun pourrait déployer la sienne, il semble urgent d’enrichir notre vision du « progrès », et d’admettre que l’état de nos sociétés est la manifestation, l’incarnation, l’actualisation… de notre monde intérieur, du psychisme humain individuel et collectif.
Ce n’est pas la peine de se battre contre ce que nous produisons (les phénomènes) si nous ne nous occupons pas des origines de cette production (sur le plan des causes). Ce serait temps, énergie et peine perdue. Cette image résumé bien nos blocages.
La grande qualité des analyses intellectuelles des problèmes (par les sociologues, politologues, économistes, scientifiques, etc) ne résout pas les problèmes, ce dont témoigne notre époque à la fois intellectuellement brillante, affectivement souffrante et spirituellement souvent ignorante.

Pour ceux qui s’engagent sur ce chemin intérieur / extérieur, voici trois points importants :
1… explorer pourquoi et comment notre inconscient individuel peut contribuer aux scénarios problématiques (en s’engageant dans une psychanalyse, thérapie, travail sur soi… en vivant des prises de conscience). Cela pour se libérer souplement d’un « soi-même » conditionné et condamné à répéter ou à réagir à sa propre historicité familiale, et à s’émanciper des registres primaires. Et développer un nouveau « pouvoir d’agir » avec les autres.

2… traverser le seuil du « mourir de son vivant », en prenant le risque d’initiations qui vont ouvrir le champ de conscience et permettre de changer de modes de perceptions, de manières de ressentir, d’analyser les situations, de penser et d’agir. Cette étape peut être dangereuse pour ceux qui manquent de « for intérieur » et de capacité à lier le visible et l’invisible dans un réseau signifiant. Elle signe également une rupture avec les orthodoxies actuellement dominantes, et parfois avec des personnes qui n’ont pas traversé ce type de déconstructions/reconstructions. Cette étape fait basculer dans ce que j’appelle « l’onde d’un nouveau monde » où les personnes d’où qu’elles viennent se reconnaissent rapidement dans un état d’esprit commun. Il s’agit je pense d’une nouvelle culture « transculturelle » et transnationale en train d’émerger.

3… apprendre à travailler directement au niveau de l’inconscient collectif sur un plan énergétique, affectif et informationnel. La méditation et la pratique de la pleine conscience ont ici une place incontournable. La conscience n’est pas de la bonne conscience, et rien en ce domaine n’est jamais acquis – sauf le fait d’en avoir pris conscience.

© Sandrine Delrieu. 2012

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