À propos du Surmoi : décoloniser Dieu et les lois du marché

La culpabilité, chevillée au corps, refoulée oubliée.

Il y a quelques millénaires, lorsque la culpabilité a émergé dans notre esprit – compagne de l’empathie, l’être s’humanisant a baissé la tête en entendant cette injonction : « Ne fais pas ce que tu as envie de faire ! »
« Ne cède pas à tes pulsions ! ». « Ne prends pas, ne te sers pas, ne tue pas, ne vole pas, ne viole pas, n’abaisse pas, n’abuse pas…

Mets toi à la place des autres !

Nous avons eu le sentiment d’être observés et jugés d’en haut.
Comme cette pression morale s’exerçait le jour et la nuit, nous avons attribué cette surveillance permanente à un œil supérieur qui nous juge en tous points de l’univers comme dans nos cachettes les plus intimes.
C’est normal, quand c’est en nous c’est partout !

Nous avons fantasmé un dieu terrible, fruit de nos projections, tout en étant terrorisés par une punition divine à la fois crainte et désirée.
La voix du Surmoi assurément… « Jouis ! Ne jouis pas ! »

C’était pourtant simple ! L’espèce humaine en ses compétences affectives était peut-être arrivée à maturité pour faire une place à « l’autre », pour laisser émerger une voix du cœur et de la conscience, ne pas faire de mal à notre prochain, ami, frère, sœur – à nous-mêmes en humanité.
Primum non nocere.

Quant à l’interdit… Quitte ton père et ta mère !

face a face delrieu_gris
Face à face / Delrieu 2016

Sommes-nous en train d’échouer, et de nous échouer ?
La culpabilité humanisante serait-elle en perdition ?
L’intérêt général s’est-il englouti dans les intérêts particuliers ?
Un Dieu tout puissant, sur lequel nous projetons notre Surmoi, permet-il de se sentir humainement responsable de ses actes ?
Une culpabilité morbide, masochiste, serait-elle en train de se répandre ?

Les Surmoi massifs ont-ils à ce point basculé du côté de l’ultime décharge ?
Vas-y jouis à fond, profite et meurt, et après toi le déluge.
L’autre face du Surmoi pointe son nez totalitaire… le fascisme : ne jouis pas !

Serre-toi la ceinture, sois esclave, paye pour mes abus et mes fantasmes d’abus (tout en disant que c’est toi le coupable, il en faut bien un ! je ne ressens rien de mon côté).
Tu es pauvre, handicapé, chômeur, mécréant, tu es l’autre et tu veux vivre…
Tu es ma cible idéale !

Le fascisme ?
L’interdit du désir humanisé, l’interdit de l’individuation, l’interdit de la pensée, l’interdit de vivre.

Alors quoi ?
Arrêtons-nous et explorons nos Surmoi ?
Vite, vite, vite…

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